Le père n’est pas d’accord pour le mariage
Shaikh Muhammad Nasir Din Al-Albani
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Question : Un père qui ne prie pas veut forcer sa fille, qui elle est pieuse, à épouser un homme qui lui aussi ne prie pas. Cette fille a désobéi à son père, elle a quitté la maison et a épousé un homme pieux avec l’accord du dirigeant musulman de cette région. Quel est le jugement sur ce mariage ?
Réponse : Comment le dirigeant des musulmans a pu être un tuteur pour elle ? Si le lieu est précisé, nous pouvons répondre.
Q : c’était en Angleterre.
Réponse : Masha Allah, un dirigeant des musulmans en Angleterre ! (Le shaikh et ses élèves rient)…
Q : il y a des émirs dans chaque région qui s’occupent des affaires des musulmans : des instituts, des contrats de mariage… Elle s’est mariée par l’intermédiaire de cet homme et a refusé le mariage que son père lui proposait avec un homme qui délaisse la prière.
Réponse : Ce refus nous l’approuvons et l’obligeons, mais reste un autre problème, car elle s’est mariée sans l’accord de son tuteur, et le prophète dit : « Le gouverneur est un tuteur pour celui qui n’en a pas ». Nous regardons maintenant ces gouverneurs des musulmans que tu as décrits en Angleterre et qui se sont déclarés émirs. Penses-tu que ce sont des savants ?
Q : Ce sont des étudiants en science, comme vous le savez, ici il n’y a pas de savants.
Réponse : Dans ce cas, cette jeune fille doit exposer son problème à un savant en qui elle a confiance, que ce soit en Orient ou en Occident. Elle lui dit : mon père veut me marier à un homme mécréant, ou au moins pervers, alors qu’un homme pieux est venu demander ma main… que dois-je faire ? Donc ce savant, qui est un dirigeant des musulmans d’après le Qur’an, peut lui permettre de se marier (sans l’accord de son père). Je crains que ceux que tu m’as d’abord décrit de façon si importante (comme étant les dirigeants des musulmans), puis que tu as nommé émirs, soient des gens qui se sont déclarés eux-mêmes, et personne ne les a nommés. Et cela amène beaucoup de méfaits, et je sais avec certitude qu’ils parlent sur des questions qui surviennent dans ces pays sans aucune science, car ils sont, comme tu l’as dit, des étudiants en science. La plupart ont un bac ou peut être un doctorat dans un domaine, puis ils s’installent en Occident ou dans un pays mécréant, comme dirigeant des musulmans. Bref cette question demande beaucoup de prudence et de piété, et de ne pas se presser, car si on résout un problème, on tombe dans un autre… Son père lui ordonne d’épouser un mécréant ou un pervers, il ne lui est pas permis de lui obéir, mais dans le même temps elle ne peut se marier toute seule. Elle doit ramener l’affaire devant un juge musulman, et ce juge la marie, et ceux-là (les émirs d’Angleterre ou d’ailleurs) ne sont pas des juges.
Q : Shaikh, peut-elle vous écrire sa question afin que vous lui répondiez par écrit ?
Réponse : Non, je ne suis pas de ceux qui jugent parmi les gens, je peux donner une fatwa, mais je ne peux pas juger. »
Fin de la parole du shaikh.
Certains n’auront peut-être pas compris ce qu’a voulu dire le shaikh à la fin de sa réponse. Pourquoi ce grand savant ne veut-il pas juger cette affaire ? Cela nous amène à la différence qu’il peut y avoir entre al-‘alim (savant), al-mufti et al-qadhi (le juge). Et cela nous est expliqué par shaikh Bazmul :
Ecouter le shaikh
« Nous avons, dans
Nous avons traduit cette parole de shaikh Al-Albani, car il y a malheureusement beaucoup de frères et de sœurs qui se trouvent dans cette situation. Si l’ignorance du wali (le père le plus souvent) est la cause principale, elle n’est pas la seule, et les jeunes ne sont pas exempts d’erreurs. Beaucoup de frères et de sœurs essaient de se rencontrer et de se mettre d’accord avant que le frère ne vienne se présenter au wali, et si celui-ci refuse, c’est la catastrophe. Alors on essaie par tous les moyens de contourner l’accord du wali, on téléphone aux savants pour obtenir une fatwa et faire retomber la faute sur le père qui refuse ce frère « pieux ». Mais à la base, ces jeunes gens n’ont pas craint Allah, ils n’ont pas agit selon la sunna, alors peut-on reprocher au père de refuser ce mariage ?
Il y a quelques temps, nous avons téléphoné à shaikh ‘Ubayd Al-Jabiri pour qu’il nous éclaire sur une question : peut-on parler à la fille qu’on est venu demander en mariage ? Plusieurs savants, comme shaikh Al-‘Uthaymin et shaikh Rabi’, ont vu que cela n’était pas permis car les hadiths rapportés à ce sujet parlent de la permission du regard et pas du fait de parler ! On est loin de ce que font beaucoup de frères et de sœurs, entre le téléphone, les sms, les lettres, les rencontres… Shaikh ‘Ubayd nous a expliqué comment procéder : « le frère doit se rendre chez le wali (la parole du shaikh est très importante, c’est le wali qu’il faut aller voir, et ne pas se contenter d’un autre mahram comme le frère, car c’est le père qui décide), il se met d’accord avec lui, ensuite la sœur vient, voit le frère et il la voit. Et à ce moment s’il y a des conditions à spécifier pour le contrat de mariage, cela peut être fait. Nous avons précisé au shaikh : il lui parle directement ? Il nous a dit : oui, selon les conditions que j’ai donné avant, car elle reste une étrangère tant qu’ils n’ont pas conclu le contrat de mariage. ». Celui qui suit les conseils du shaikh ne rencontrera pas de problèmes. Il faut aussi éviter de s’accrocher trop à une sœur ou un frère, si le wali refuse il faut passer son chemin en espérant qu’Allah nous accordera mieux. Al-Hamdulillah, il y a beaucoup de sœurs et il y a beaucoup de frères.
Wallahu’ alam.



























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